Chronique d’un enragé

 

Hier, dans un marché, mes yeux sont tombés sur une copie du journal La Presse. Line Beauchamp ne peut pas céder à l’intimidation. J’ai eu le goût de prendre le présentoir à journaux et de le défenestrer. Oui, la défenestration, comme ce qui s’est passé par trois fois à Prague, en 1419, 1618 et 1948. On a fait passer des gens de pouvoir par la fenêtre alors que le peuple en colère attendait en bas, leurs lances pointées vers le haut, pour ensuite les achever. J’ai la chance d’avoir un très bon ami, enseignant en histoire, qui connaît ce genre d’anecdotes.

Intimidation. Tout le monde se souvient que ce mot s’est vu gonflé par l’indignation générale voilà pas si longtemps. Un gouvernement n’a pas le droit de se mettre au même niveau qu’une adolescente qui avait mal au point de se donner le coup de grâce. Encore moins une ministre de l’éducation qui semble répéter pour décrocher un rôle de dictateur. Surtout, un intimidateur n’a pas le droit de jouer à la victime, et le gouvernement, et ses sbires constabulaires, et ses administrateurs universitaires, et ses médias doctrinaires, n’a fait pratiquement que ça. C’est surtout encore de la novlangue. Contester c’est intimider : contestation = intimidation.

Mon taux de rage commençait à descendre. Mais je me suis collé le nez à la conférence de presse que donnait Line Beauchamp en ce dimanche après-midi. Ouverture à la discussion pour ce qui est de la gestion universitaire, démonstration répétée de fermeture quant à la question centrale de la crise, s’il faut le rappeler : la hausse des frais de scolarité. Tout ça pour ça. Ça me fait penser à la première stratégie de manipulation des masses qu’a élaborée Noam Chomsky : « La stratégie de la distraction ». [NDLR : Il semble que Noam Chomsky n'a jamais écris ça...]Là, j’ai le goût de m’autodéfenestrer…

Et c’est l’écume aux lèvres que je termine cette courte chronique après avoir appris que le gouvernement du Québec a détourné 550 millions, des fonds venant du gouvernement fédéral, versés « en vertu du Programmes canadien de prêts aux étudiants » :

 

Au lieu d’utiliser cet argent pour financer le programme de prêts et bourses aux étudiants, Québec l’injecte dans le fonds consolidé du revenu, de sorte qu’il sert au financement de différentes missions de l’État, a déjà confirmé le ministère des Finances.

 

Et n’oubliant pas qu’il y a dans les différentes missions de l’État les retours d’ascenseur…

Pascal Léveillé

Cofondateur et rédacteur en chef chez Le République
Cofondateur et rédacteur en chef du site Le République (anciennement Le Globe). Blogueur depuis 2007. C'est maintenant ma manière principale d'être créatif, alors que j'ai touché à l'art visuel (études à l'appui), au chant, à la musique et à l'écriture plus fictionnelle.
Justement, j'ai un roman en branle et j'espère pouvoir inscrire ici un jour que je suis aussi écrivain...

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