Loi 78 critiquée : instrumentalisation du droit à l’éducation

Jean Charest, en réaction à la critique sévère la Commission des droits de la personne qui condamne la loi 78, a répondu, pour la défendre :

Le droit à l’éducation c’est sacré

On comprend qu’il défend le droit des étudiants de 2012 qui ne sont pas d’accord avec les autres étudiants qui se battent pour ceux du futur, mais cette phrase aurait sérieusement pu servir de slogan pour les grévistes (ou boycotteurs, pour les congestionnés du cerveau), si cela n’a déjà pas été le cas. Donc, un autre cas de novlangue

Voilà une autre facette où situer le débat : la courte vue versus le regard global. Par la loi 78, on tente de rendre inaliénable le droit de s’asseoir sur un banc de cégep ou d’université au moment où le débat sur la hausse des frais de scolarité fait rage, alors que le seul moyen pour les étudiants contre cette hausse d’avoir un rapport de force est d’empêcher la tenue des cours, par la grève. Or donc, si le concept du droit à l’éducation a une signification aussi mince que celle que Jean Charest suggère, aussi bien à la place commencer à parler tout de suite de moyens financiers d’avoir accès à l’éducation supérieure, puisque l’impossibilité légale de se battre pour garder le coût le plus bas possible pour les étudiants annule l’idéal du « droit à l’éducation », celui qui transcende la perte de jouissance momentanée des étudiants pro-hausses.

C’est bien beau pour le gouvernement de seulement penser aux étudiants qui suivent la parade, mais force est d’admettre qu’il n’y a jamais vraiment eu d’écoute pour les dissidents. Sa ligne dure s’est constituée d’un refus de négocier avec eux et puis de l’adoption de la loi 78, alors cette réponse de Jean Charest aux critiques de la Commission n’est qu’une autre preuve de sa rigidité.

Espérons que cette rigidité en inspirera une très grande majorité à la casser lors des prochaines élections.

Pascal Léveillé

Cofondateur et rédacteur en chef chez Le République
Cofondateur et rédacteur en chef du site Le République (anciennement Le Globe). Blogueur depuis 2007. C'est maintenant ma manière principale d'être créatif, alors que j'ai touché à l'art visuel (études à l'appui), au chant, à la musique et à l'écriture plus fictionnelle.
Justement, j'ai un roman en branle et j'espère pouvoir inscrire ici un jour que je suis aussi écrivain...

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