LE SENS DES MOTS – 3. La médiation

Ce n’est pas les tierces parties qui décident pour le gouvernement du Québec qui est dûment élu. (Jean Charest à Céline Galipeau au Téléjournal de la SRC, 31 mai 2012, vidéo à partir de 4 min. 40 sec.)

Ce n’est pas un médiateur qui va régler ce conflit parce qu’il y a des décisions budgétaires. (Jean Charest à TVA Nouvelles, 1er juin 2012)

Le budget de l’État ne se gère pas par l’entremise de médiateurs. Les deux tiers de l’électorat appuient la position du gouvernement. (Raymond Bachand, 25 juin 2012 lors d’un entretien avec le journal français Le Monde)

De la manière dont notre bien-aimé premier ministre du Québec et son ministre des finances redéfinissent les mots de la langue française, pourrions-nous leur demander quels sont les dictionnaires utilisés par leurs conseillers en relations publiques?

Parce que voilà maintenant qu’aux yeux de Jean Charest et de Raymond Bachand, le mot « médiation » ne signifie rien de moins que de laisser une tierce personne ou une tierce partie décider à sa place des mesures à prendre pour résoudre la crise. Elle signifierait donc pour les Libéraux la perte de la légitimité du gouvernement, ou le fait d’avouer que ce dernier a perdu la face devant la population et les étudiants.

Évidemment, Charest et Bachand ont tout faux! Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce refus de recourir à la médiation cache bien mal de nombreuses incohérences.

Incohérence no. 1:  confondre la médiation avec l’arbitrage

Définissons d’abord ce qu’est la médiation :

Entremise destinée à mettre d’accord, à concilier, ou à réconcilier des personnes, des partis. Procédure de conciliation organisée. Le fait de servir d’intermédiaire; ce qui sert d’intermédiaire.

(Dictionnaire Robert)

La Chambre Professionnelle de la Médiation et de la Négociation en France a cependant une conception plus précise de ce qu’est la médiation, basée sur le Code d’Éthique et de déontologie des Médiateurs :

La médiation est un processus d’aide à la décision, visant la responsabilisation et l’autonomie des personnes, qu’il s’agisse ou non d’une situation de nature conflictuelle.

Un entretien de médiation peut à lui seul suffire pour permettre à une personne de se positionner de manière à ce qu’elle puisse prendre une décision la plus satisfaisante possible pour conduire à bien un projet impliquant ou non d’autres personnes.

Une médiation consiste à permettre à des parties en situation conflictuelle de trouver une solution négociée de manière contributive, c’est-à-dire un accord qui puisse être pérenne, respectueux des personnes et de leurs intérêts.

Dans le cadre d’un différend, la médiation consiste à favoriser sa résolution et à anticiper au mieux les conséquences du choix qui peut être fait par chaque client.

Quand on relit bien ces définitions, il n’y a là rien qui permet de conclure au fait que la médiation implique qu’une tierce partie décide à la place du gouvernement élu ou des étudiants en grève. Au contraire, la médiation est un processus d’aide qui encourage la réconciliation, la négociation, la recherche de solutions constructives dans le respect, afin d’aboutir à une entente entre deux parties se trouvant au départ dans une situation conflictuelle suite à des positions diamétralement opposées.

En bref, le ou les médiateurs ne sont pas là pour imposer un accord entre des parties autonomes et responsables. Ils sont là pour les soutenir et les aider à discuter entre eux et à en venir à un commun accord décidé librement par eux et à leur convenance.

De toute évidence, le premier ministre Charest confond littéralement la médiation avec l’arbitrage. Car seul un arbitre possède un pouvoir de décision, en tant que tierce partie, lorsqu’il intervient dans un processus de négociation pour trancher dans un différend ou un litige irréconciliable. Ce qui est tout à fait différent du médiateur, qui lui n’a aucun pouvoir décisionnel.

Jean Charest et Raymond Bachand connaissent très bien la différence qu’il y a entre la médiation et l’arbitrage. Mais en jouant avec leur signification réelle dans leurs déclarations, on peut se demander légitimement s’ils cherchent à confondre un public qui ne saisit pas d’emblée cette nuance ou qui ne fera pas l’effort de la comprendre.

Incohérence no. 2 : reconnaitre légalement la médiation, s’en servir, puis la nier

Selon un organisme professionnel basé en France, qui se charge de la formation en matière de médiation, il existe 11 bonnes raisons pour faire appel à un médiateur :

  1. La médiation en appelle à la responsabilité personnelle et la liberté de consentement de chaque partie;
  2. Les parties définissent les modalités de la médiation, avec le médiateur auquel elles confient la responsabilité de la garantie de son bon déroulement;
  3. Elle s’adapte aux différents contextes et nécessite l’implication des parties: le processus peut prévoir un fonctionnement à distance;
  4. Elle est un huis-clos: un processus confidentiel auquel les parties et le médiateur s’engagent;
  5. Elle est économique, en temps et en argent: moins coûteuse et aléatoire qu’un rapport de force ou une procédure judiciaire;
  6. Elle s’inscrit dans la réalité relationnelle: prise en compte du caractère durable ou non durable des relations entre les parties;
  7. Elle intègre la réflexion et la créativité de chacun: ouvre à un esprit de contribution pour la résolution des différends et des problèmes;
  8. Elle a des avantages qui dépassent la situation en cause: permet d’examiner les aspects d’un différend et d’anticiper les risques inhérents à la mise en œuvre de l’accord;
  9. Elle va de la qualité relationnelle à la négociation: intègre un processus créatif dont les acquis dépassent souvent le contexte de la Médiation même pour se maintenir dans la relation si les parties décident de ne pas la rompre ;
  10. Elle va jusqu’à la conclusion d’un accord; permet aux parties de trouver une solution de sortie de crise, fondée sur la qualité de la communication et les intérêts respectifs;
  11. Le médiateur présente des garanties professionnelles: il est tenu de respecter le Code d’Éthique et de Déontologie des Médiateurs.

On peut comprendre que le gouvernement a la responsabilité de prendre des décisions budgétaires pour bien gérer la province. Cela va de soi. Mais qu’en est-il du fait qu’il s’oppose volontairement au recours à la médiation comme piste de solution pour résoudre la grève étudiante? Il a pourtant moins de scrupules à y recourir ailleurs, comme dans le cas de la ministre Lise Thériault dans le conflit actuel avec la CCQ par exemple. De plus, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a réformé le Code de Prodédure Civile en septembre 2011 pour mieux mettre en valeur le recours à la médiation, plutôt que le tribunal, pour régler les conflits. Implicitement donc, les Libéraux reconnaissent la médiation comme un moyen de solution légitime. Pourquoi alors refuser d’y recourir pour régler la crise étudiante?

Et ne me répondez pas que la médiation ne s’applique que dans le cas d’un conflit de travail en règle, et que ça ne saurait s’appliquer aux étudiants « boycotteurs ». Il n’y a rien en effet d’inscrit dans les lois du Québec qui restreint le recours à la médiation uniquement dans le cas d’une grève. La médiation n’est pas assujettie au Code du Travail, car il s’agit d’un processus libre et volontaire, et elle peut donc être une voie envisageable et légitime à considérer au même titre que d’autres pour mettre fin à la crise actuelle.

Incohérence no. 3 : être contre la violence et contre une solution pacifique

Le recours à la médiation fût demandé à trois reprises par la FECQ avec l’appui des autres fédérations étudiantes. Un appel à la médiation fût également recommandé par l’ancien ministre libéral Claude Castonguay, afin d’éviter le radicalisme des opinions, et de négocier de façon saine et respectueuse. Comment Jean Charest peut-il affirmer qu’il a fait plusieurs concessions aux étudiants grévistes qui seraient restés campés sur leurs positions, tandis qu’il donne une fin de non-recevoir à une proposition de compromis de leur part qui a le mérite de rapprocher les points de vue divergents?

Mais surtout, pourquoi Charest ne considère pas valable, comme solution pour mettre fin à la grève étudiante, une approche qui a le mérite d’être pacifique?

Charest n’a jamais cessé d’accuser les étudiants, surtout ceux portant le carré rouge et sans faire de nuances, de recourir à la violence et à l’intimidation, tout en prétendant leur tendre la main pour en venir à une entente.

Pourquoi alors repousser à 3 reprises la main tendue de la médiation offerte par les leaders étudiants, pouvant permettre justement d’instaurer un cadre de discussion responsable et paisible, qui aurait calmé les esprits?

Incohérence no. 4 : justifier une décision pour une question budgétaire et rejeter une solution réputée économique

Jean Charest et Raymond Bachand refusent de faire appel à un médiateur pour des raisons strictement budgétaires qui justifie la hausse des frais de scolarité, disent-ils.

Selon l’Institut de Médiation et d’Arbitrage du Québec, la médiation a pourtant comme avantage d’être un moyen économique de résoudre un conflit :

Un processus de médiation est généralement plus économique que les recours devant les tribunaux traditionnels notamment parce qu’il évite d’avoir à défrayer le coût des timbres judiciaires, les frais relatifs à la rédaction de procédures, les frais de procureurs, de significations, d’interrogatoire, etc.

Il va de soi que les économies engendrées par un processus de médiation vont dépendre du moment où le litige est soumis à la médiation. Si le litige est soumis à la médiation après que toutes les procédures judiciaires soient complétées et produites au dossier de la cour, les économies mentionnées plus haut seront moins importantes.

Était-ce donc une décision budgétaire responsable du gouvernement de faire durer un conflit de plus en plus onéreux, en refusant de considérer un moyen économique raisonnable pour y mettre un terme? Les Libéraux savent-ils que leur refus obstiné ne fait que prolonger inutilement une grève qui coûtera finalement plus cher aux finances publiques que le montant de la hausse qu’ils ont eux-mêmes décidé?

Était-ce plus économique pour le gouvernement d’encourager certains étudiants, voulant assister à leurs cours, de faire des demandes d’injonctions devant les tribunaux (en complète contradiction  avec les termes du Code de Procédure Civile remanié par Jean-Marc Fournier), ce qui nécessite des frais (plus de 3000$ sans compter les frais d’avocats, ce qui revient plus cher que le coût d’une session universitaire), plutôt que de tout faire pour en arriver à une entente avec les étudiants en grève?

Doit-on demander à M. Bachand si les récentes et généreuses subventions distribuées ici et là par son parti, comme ce prêt de 58 millions à la mine Jeffrey, étaient inscrites ou prévues dans son budget pour l’année en cours?  Et quand la ministre Lise Thériault opte pour la médiation dans le but de régler le conflit de travail avec la CCQ, c’est parce qu’elle ne sait pas gérer le budget de l’État sans doute?

Incohérence no. 5 : s’en remettre à l’appui populaire et aux sondages quand cela fait bien notre affaire

Raymond Bachand, et de surcroit Jean Charest et les Libéraux au pouvoir, justifient également leur refus d’opter pour la médiation, en affirmant qu’ils ont l’appui des deux tiers de l’électorat depuis qu’ils ont décidé de hausser les frais de scolarité. Pourtant, lorsqu’on demande aux Québécois quelle est la meilleure solution pour mettre fin à la grève étudiante, celle qui obtient la faveur la plus populaire est la médiation.

Comment les Libéraux osent-ils se réfugier derrière la voix du peuple pour expliquer leur décision d’une part, et en même temps faire la sourde oreille à cette même voix d’autre part? Charest et ses députés auraient-ils donc une conception bien sélective de la faveur populaire?

Incohérence no. 6 : préférer une loi spéciale répressive alors que la médiation n’a pas été tentée

Quand l’idée d’une médiation a fait son chemin au cours de la grève, le nom d’une pionnière dont l’expertise en la matière est reconnue au niveau international, est souvent revenu dans les médias comme candidate potentielle pour intervenir et aider les deux parties à trouver une entente. Il s’agit de Madame Louise Otis, qui fût également ancienne juge de la Cour Supérieure du Québec.

Dans un article publié dans le journal Le Devoir du 19 mai 2012, elle s’est exprimée sur le conflit étudiant et le recours à la médiation comme solution possible. Selon elle, le gouvernement Charest aurait dû saisir la balle au bond et s’engager sur la voie de la médiation au lendemain de la manifestation du 22 mars dernier, qui avait réuni plus de 100 000 personnes et qui s’est déroulée pacifiquement :

Les étudiants ont exprimé de manière pacifique des revendications cohérentes à ce moment-là. Ça aurait été le temps de créer un canal de communication. Il fallait au moins prendre acte du mouvement et de ses revendications

Elle ne comprend pas également pourquoi Jean Charest a préféré choisir la ligne dure par l’adoption d’une loi spéciale destinée à mater les étudiants en grève, alors que la médiation n’a jamais été tentée, ni même envisagée :

Il aurait été souhaitable que le gouvernement tente le coup, surtout qu’on n’avait rien à perdre. Avant d’arriver à une loi spéciale, il faut au moins avoir essayé la médiation.

Elle reproche également à Jean Charest de ne pas avoir voulu rencontré les leaders étudiants, ce qui aurait contribué à calmer le jeu et éviter la polarisation du débat autour de la hausse des frais de scolarité, et la montée en épingle des actes de vandalisme :

Tous les conflits qui perdurent finissent par se détériorer et être infiltrés par des éléments radicaux. (…) Il aurait été rassurant que M. Charest rencontre les étudiants. Ça aurait été un geste de reconnaissance. On n’aurait pas réglé le conflit, mais on aurait atténué les tensions.

Bien que la situation n’ait cessé de s’envenimer depuis le début de la grève, et que les parties restent de plus en plus ancrées sur leurs positions, Mme. Otis croit toujours que la médiation parviendrait à surmonter ces positions radicalement opposées que les gens croient irréconciliables :

Ils (les parties) ne parlaient pas du tout le même langage, mais c’est comme ça dans 90 % des médiations. On réalise qu’il y a toujours un conflit caché derrière le conflit apparent. (…) Il n’est jamais trop tard pour une médiation, mais plus le conflit s’envenime, plus ça devient difficile de le régler.

Qu’importe les difficultés, Mme. Otis appuie sans réserve la médiation pour aider le gouvernement et les étudiants à en venir à un accord. Elle cite d’ailleurs de nombreuses médiations historiques comme autant de réussites de résolutions pacifiques de conflits :

C’est une médiation qui a donné lieu au Traité de Westphalie, en 1648, mettant un terme à la guerre de Trente Ans. Le cardinal Fabio Chigi et Alvise Contarini ont contribué à jeter les bases de l’Europe moderne par un effort de conciliation qui a duré cinq ans. Tout un contraste avec le Traité de Versailles, en vertu duquel les alliés, vainqueurs de la Guerre de 14-18, ont imposé leurs vues à une Allemagne saignée à blanc pendant la décennie suivante, jusqu’à favoriser l’éclosion de la peste brune.

Et à l’émission matinale de radio animée par Paul Arcand au 98.5 FM, elle a tenu à souligner que l’esprit de la médiation ne signifie pas qu’il faut perdre la face :

Ce n’est pas un acte de faiblesse de s’asseoir et de discuter. C’est un signe d’ouverture et de maturité de toutes les personnes assises autour de la table. (…) Il ne s’agit pas de céder, mais d’écouter.

Pourquoi Charest et les Libéraux ont-ils opté d’abord pour l’adoption d’une loi spéciale, à caractère autoritaire et paternaliste, plutôt que la médiation qui prône la discussion franche et responsable en vue d’une honorable sortie de crise?

Charest a beau dire que les étudiants en « boycott » forment un mur infranchissable d’intransigeance, le fait qu’il ait dit non à trois demandes de médiation de la part des étudiants, et de divers autres intervenants soucieux de mettre fin à cette crise, retourne cette métaphore contre lui.

En guise de conclusion

Lorsque l’on considère la médiation dans toute sa signification et ses avantages, par rapport aux incohérences et au détournement de sens de Jean Charest, de Raymond Bachand et des Libéraux, il convient de dire que la médiation est un mode de solution à caractère pacifique, qui fait appel à la raison et qui a le mérite d’apaiser les tensions lorsque les prises de position s’opposent diamétralement.

Comment Jean Charest peut-il prétendre être le champion de la loi, de l’ordre, de la démocratie et du respect entre les citoyens, tout en laissant de côté une (autre) alternative qui est considéré comme légale, souple, responsable, bien encadrée professionnellement, honnête, neutre, démocratique et respectueuse des parties concernées?

Comment le premier ministre du Québec peut-il clamer haut et fort qu’il a fait tous les efforts possibles pour résoudre la crise étudiante, pendant qu’il s’entête à renoncer à un moyen viable de résolution de conflit où il n’aurait pas eu à perdre la face?

Remarquez que Charest a employé le mot « décision » et les verbes « décider » et « régler » au lieu de « négocier » ou de « négociation » dans les deux affirmations que j’ai cité au début de l’article, ce qui est sans doute révélateur de ses vrais intentions par rapport à l’enjeu de cette crise. Il en est de même pour Raymond Bachand, qui emploie le verbe « gérer » au lieu de « négocier ».

Il n’y a donc pas lieu de se méprendre sur leurs intentions : le gouvernement libéral a décidé de hausser substantiellement les frais de scolarité, et tous les étudiants doivent l’accepter, qu’ils le veuillent ou non. Point! Et malgré tout un éventail de choix pacifiques, matures et responsables dont il peut disposer pour règler de bonne foi la grève étudiante, ce gouvernement s’entête à ne pas recourir à aucune d’entre elle et préfère se contredire dans sa sémantique. Mais pourquoi changer puisque selon Bachand, les Libéraux ont l’appui d’une majorité de citoyens en leur faveur?

Madame Marois a demandé que l’on déclenche des élections. Franchement, j’ai trouvé ça ignoble [long silence] et qu’elle croit pouvoir tirer partie de la situation actuelle et d’en tirer un avantage politique… ceux qui font cette espèce d’analyse que le gouvernement y trouve son compte dans ce que nous vivons actuellement font, tant qu’à moi [sic], une analyse qui est grotesque.

(Jean Charest lors d’une conférence de presse. 27 avril 2012)

Maintenant que M. Charest a déclenché les élections en espérant tirer partie de la crise actuelle, comment peut-on qualifier cette décision du premier ministre autrement qu’ignoble ou grotesque? Poser la question, c’est y répondre.

Prochain article à venir sur le sens des mots :  la démocratie représentative vs. la démocratie directe.

(Photo : dalbera)

Mathieu Lemée

Journaliste, scénariste, chroniqueur, producteur et réalisateur, je suis tout ça, mais surtout je suis curieux, passionné et j'adore écrire, et je me passionne pour les arts, l'actualité, la politique, la littérature, le cinéma et bien plus encore.

« Longtemps, j'ai rêvé debout sous les astres esseulés que mon oeil en celluloid puisse capter l'essence nectaresque du sublime: celle du "sensorialisme" septimuesque et cinemagique. »

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