À 16 ans, on devrait pouvoir voter ou pas?

À 16 ans, on peut déjà pas mal tout faire sauf voter et acheter quelques trucs comme de l’alcool, des cigarettes, des billets de loterie. Et encore là, l’alcool et cigarettes, bien qu’on ne pouvait pas l’acheter directement par nous-mêmes, combien d’entre vous arrivaient à en trouver malgré tout? Encore aujourd’hui, essayez de trouver un adolescent de 16 ans qui n’est pas capable de s’en procurer s’il le désire, pas facile hein?

Donc, à partir de 16 ans on devient magiquement apte à beaucoup de choses et on obtient le droit de :

  • Travailler, même si c’est rarement des postes clés, ça reste du travail avec des responsabilités pis toute
  • Conduire une voiture et quant à moi ce ne sont pas forcément eux les plus dangereux
  • Décider si quelqu’un peut ou pas vous jouer dans le pantalon, et ce, depuis 2 ans déjà
  • Se marier, mais ça prend un accord parental et je vous suggèrerais d’attendre un brin, au cas où
  • S’enrôler dans l’armée et aller jouer aux G.I. Joe pour de vrai, au risque de ne pas en revenir, même si ce risque est plutôt bas au Canada

Alors, si on a le jugement assez développé pour faire tout ça, pourquoi pas le droit de vote? Sans oublier que s’il fallait s’arrêter uniquement au jugement, ce ne sont pas les jeunes de 16 ans qui m’inquiètent le plus. Est-ce qu’un ado de 16 ans possède au minimum autant de jugement qu’un membre d’une secte? Qu’un vieux sénile qu’on embarque limite de force dans un autobus pour l’emmener voter en guidant sa main vers le « bon » cercle?

Certains diront que jugement développé ou pas, à 16 ans, on manque à tous les coups d’expérience, de connaissances politiques, d’implication, mais tout ça n’est qu’un vil subterfuge masquant une triste vérité. Et c’est précisément ce qui me désole dans cette histoire, car on peut fréquemment tracer un parallèle clair et net entre la position des gens pour ou contre le vote des 16-17 ans et leurs affiliations politiques.

On sait déjà que les jeunes ont tendance à être plus souverainistes et donc, de voter pour les partis politiques en conséquence, ce qui aurait pour effet de mettre des bâtons dans les roues des partis non souverainistes. Les positions du PQ (pour) et du PLQ (contre) sur le sujet sont assez éloquentes, d’autant plus que ces derniers permettent le vote des 16-17 ans lorsque vient le temps d’élire leur chef.

Est-ce que ça veut dire que chaque personne se positionnant dans ce débat le fait uniquement selon le parti qu’il veut voir au pouvoir? Probablement pas, mais pour plusieurs, ce débat n’en est pas un, tout ce qui leur importe, c’est de préserver l’avance de leur parti ou venir gonfler ses résultats. La question du jugement des adolescents de 16-17 ans devient purement un écran de fumée servant à masquer les réelles motivations des intervenants.

Pour ma part, je ne suis pas souverainiste et je suis bien conscient que d’être favorable au vote des 16-17 ans risque de faciliter une victoire potentielle du oui, mais le débat n’est pas là! Serais-je justifié par mes positions politiques de refuser le droit de vote à tout un groupe de citoyens sur la simple présomption qu’ils ne partagent peut-être pas mes convictions?

La réponse est non! Afin d’évaluer leur aptitude à voter, on se doit de faire abstraction de leurs intentions de vote et donc se baser uniquement sur leur capacité de faire un choix éclairé. N’en déplaise aux détracteurs de cette idée, si ces jeunes sont jugés aptes à tous les points susmentionnés, ils le sont aussi lorsque vient le temps de faire un X où bon leur semble.

François Turcotte

La vie ne peut être vécue seulement dans le sérieux. J'aime rire et faire rire, la musique, les jeux vidéos, la politique et l'actualité, et j'aime en discuter.

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