Léo Bureau-Blouin, Radio-Canada et la sur-utilisation du mot « menace »

L’auteur de ce texte est René Forget, ancien policier et humoriste. 

CBC Radio Canada's tower in MontréalJe viens tout juste de lire un article concernant Léo Bureau-Blouin sur la page web de la société d’État. L’article titrait : « Léo Bureau-Blouin dit avoir été insulté et menacé ». Or, en lisant l’article, il n’y a aucune mention de menace.

En effet, on peut y lire que certains individus ont fustigé monsieur Bureau-Blouin et l’ont traité de « traître », de « ringard » et ont annoncé vouloir assister aux réunions mensuelles tenues par le député. Je regrette, mais ces comportements sont tout à fait acceptables en démocratie. Ces gens ont droit à leur opinion et les politiciens doivent impérativement être responsabilisés personnellement sur les engagements pris par leur formation. Quand une personne se fait élire au sein d’un gouvernement qui ne respecte pas entièrement ses promesses électorales, cette personne s’expose à de la critique, un point c’est tout. D’ailleurs, je critique encore Jean Charest de ne pas avoir tenu sa promesse de baisse d’impôt d’un milliard de dollars faite il y a plus d’une décennie.

Le message à retenir, pour la classe politique, c’est que le peuple en a soupé des menteurs et que ces mensonges doivent être punis.

De l’autre côté, Radio-Canada a fait une grave erreur sociale en laissant couler le mot « menace » dans le titre de son article. Trop de gens ne lisent que les titres. Trop de gens vont se convaincre que les « méchants étudiants ont encore fait des menaces » alors que ce n’est pas le cas, visiblement. D’associer, volontairement, nos jeunes à de la violence et de généraliser nos jeunes en ce sens est un geste répréhensible de la part de notre société d’État et j’aimerais voir une rétractation à ce sujet.

Ceci étant dit. Le PQ s’est positionné comme le défenseur du dialogue lors du printemps érable. Pendant que les libéraux se donnaient eux-mêmes une réputation de « bully » qui emploie la force (loi 78, répression policière) pour régler leurs différends, les péquistes s’affichaient et s’affichent toujours comme les défenseurs du dialogue.

Le dialogue mérite d’être défendu et notre gouvernement devra le défendre jusqu’au bout. Il y a eu du méfait sur les bureaux du ministre de l’Éducation et du député de Laval des Rapides. Si le gouvernement croit vraiment au dialogue, il a la responsabilité de chercher, trouver et poursuivre les auteurs de ces méfaits.

Je parle ici de les traîner devant les tribunaux, pas de les battre, pas de les poivrer et surtout pas de les traiter comme des terroristes. On doit traiter ce méfait pour ce qu’il est ; c’est de la peinture, pas une bombe, il faut arrêter de faire peur au monde. Le gouvernement doit envoyer un message clair que l’époque de se faire justice soi-même est révolue, nous devons en revenir à la défense de la démocratie.

Simplement dit, notre gouvernement doit faire mieux que ce qu’il a fait dans le passé, peu importe sa couleur, son allégeance et ses amis.

 

(Crédit photo : jamescridland)

René Forget

René Forget, ancien policier. René a travaillé dans une petite municipalité dont on va taire le nom. Quand son chef l'a informé qu'il était en retard sur son "quotas", le jeune policier a répondu qu'il n'était pas opérateur radar, que s'il émettait un constat sur la foi d'une preuve qu'il ne pouvait justifier, cela constituerait une fraude. On lui a répondu:" c'est pas grave, donne le ticket, si le citoyen conteste on cancellera, sinon on fait 100$".

Il y a des moments importants dans la vie d'un homme, pour René, un de ces moments a été celui ou il du choisir entre son emploi ou son honneur.

René Forget, humoriste. Véritable passionné de l'humour, René a écrit pour les Grandes Gueules, a participé à Juste pour Rire et au Grand Rire, son cerveau bifurque naturellement vers l'humour, sauf lorsqu'il s'agit de police, quand il s'agit de police René aime encore être pertinent.

Il y a des moments importants dans la vie d'un homme, pour René, un de ces moments a été celui ou il a pu choisir d'en rire.

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