Lettre d’un révolutionnaire à sa mère

revolution citoyenne

 

Texte reçu par courriel, signé Boris Leclerc.

Salut maman,

Tu le sais déjà, j’ai marché dans la rue aujourd’hui. Ce que tu ne sais pas c’est que j’ai marché aux côtés de sœurs et de frères d’idées, tous masqués et affublés de drapeaux noirs et symboles anarchistes ou révolutionnaires. J’te jure que j’suis pas dangereux maman, j’tuerai pas personne, j’ai seulement pris conscience du malheur du monde qui m’entoure.

J’ai marché aujourd’hui maman, pour crier mon dégoût face à la classe politique dirigeante, face à la prédominance de l’appât du gain et du pouvoir.

Ça ne fait pas si longtemps que j’ai compris toute la violence de la société dans laquelle nous évoluons. Ça ne fait pas si longtemps que j’ai compris que toute personne qui ne mange pas tous les jours à sa faim, toute personne qui n’a pas un toit où dormir est une victime de ce système économique où la poche du patron est plus importante que l’estomac du voisin.

On en voit tous les jours, maman, des symptômes du capitalisme. Oui, des symptômes, car le capitalisme est une maladie pour l’humanité. Et qu’est-ce qu’on fait avec une maladie? On n’essaye pas de l’améliorer, on la détruit. C’est pour détruire cette maladie que je me lève, le matin.

Comme beaucoup de gens, je me suis originalement battu contre une hausse abusive des frais de scolarité. Je me suis battu pour l’accessibilité aux études supérieures. J’y crois encore totalement, seulement maintenant, je crois à encore mieux. Je crois que chaque être humain sur cette terre doit vivre équitablement, et heureux.

On devrait tous prendre 10 minutes de notre vie à se pencher sur cette phrase vue sur une bannière, à l’automne :
« On ne veut pas d’une université libre, mais d’un monde libre, car une université libre dans une société capitaliste s’apparente à une salle de lecture dans une prison » Moi, en tout cas, elle m’a fait réfléchir.

Je ne m’appose pas d’étiquette, je ne saurais me dire ni communiste ni anarchiste. J’ai des sympathies pour ces idéologies, mais ne saurait me définir autrement qu’étant une personne ayant des valeurs et qui fera tout ce qui est en mon possible pour les défendre. Sans vouloir te faire peur, c’est toi, maman, qui m’a fait ainsi. Tu m’as fait croire en un monde meilleur, et tu m’as fait croire que je pouvais aider à le construire. Toutes ces valeurs que tu m’as inculquées durant mon enfance, je les pousse maintenant à l’extrême. Ces valeurs d’égalité, de solidarité, de partage et d’entraide, ces valeurs de joie de vivre, de respect de la nature, de respect de l’autre, de respect des différences, je les pousse à l’extrême, oui. C’est pourquoi je prendrai tous les moyens nécessaires pour les voir gagner sur l’individualisme, le relativisme et le cynisme ambiant.

Est-ce que ça fait de moi un extrémiste? Probablement.

Et tant que l’on ne me prouvera pas que j’ai tort de le faire, je continuerai, maman.

 

(Crédit photo : Denis Bocquet)

rédaction

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