Pauvres et stupides: c’est la faute aux enfants!

Newt Gingrich, le républicain présentement en meilleure posture pour remporter l’investiture de son parti en vue d’être candidat aux prochaines élections présidentielles, n’a pas fait dans la dentelle aujourd’hui. Il a déclaré en somme que les enfants pauvres étaient stupides, que dans les quartiers pauvres ils n’avaient pas l’habitude de travailler et que la seule vision qu’ils avaient afin de gagner de l’argent était de poser des actes illégaux.

Le tout fait suite à une déclaration précédente tout aussi controversée selon laquelle les écoles devraient se débarrasser des employés syndiqués et engager plutôt des étudiants pauvres pour faire le travail.

Cette vision cadre bien avec l’idéologie républicaine selon laquelle, au final, on n’a jamais que ce que l’on mérite. Et que si nous sommes pauvres, c’est bien de notre faute. Peu importe notre âge. Que propose Gingrich pour défaire le cycle vicieux de la violence, de l’ignorance et de la pauvreté? Le travail forcé, rien de moins.

Évidemment, on passe sous tapis les considérations qui viennent avec la discrimination de ces étudiants de second ordre, la leçon qu’apprendront les autres étudiants (c’est correct d’abuser des pauvres, ils le méritent, ils devraient être heureux qu’on leur offre cette opportunité!). Surtout, je me demande si ces emplois permettront vraiment au jeune de se faire une idée réelle de la valeur économique de l’éducation postsecondaire: veut-on vraiment finir sa maîtrise pour devenir concierge?

Tout cela serait risible si les Conservateurs canadiens en manque d’imagination n’avaient pas tendance à récupérer sans trop s’interroger les éubrations dignes d’un cerveau en manque d’oxygène de leurs cousins républicains. Attendez-vous à voir ce genre de discours faire son apparition bientôt à la chambre des communes et au sein du caucus de Harper.

Et achetez dès aujourd’hui un seau et une moppe à vos enfants – on n’est jamais trop prévoyant!

Patrick Levesque

Blogueur au parcours professionnel et académique varié ayant couvert (à ce jour) les sciences, la musique, l’histoire, l’administration et la finance. Il va de soit que tous ces domaines alimentent ma réflexion sur les différents sujets qui seront couverts ici.

Mes billets seront également des occasions d’expérimenter avec différentes idées et ce, que ce soit au niveau culturel, philosophique, économique, politique, etc.Le tout sans trop se prendre au sérieux, évidemment.

Vos réactions :